5 pièges de la communication et quelques solutions

Certaines habitudes de communication, même bien intentionnées, ont tendance à faire dérailler une conversation avant même qu'elle commence vraiment. Voici cinq pièges fréquents, et ce qui fonctionne mieux à la place.

1. Les mots « toujours », « jamais », « chaque fois »

« Tu ne fais jamais le ménage » ou « tu veux toujours annuler » ne sont presque jamais vrais à la lettre — et la personne visée se souviendra immédiatement d'une exception, ce qui la met instantanément sur la défensive. Se concentrer sur la toute dernière fois plutôt que sur un historique généralisé permet d'être exact et beaucoup mieux reçu.

2. S'enliser dans le passé

La mémoire ne fonctionne pas comme un film continu et fidèle : elle se reconstruit à chaque rappel. Deux personnes qui discutent d'un même événement passé ont rarement le même souvenir exact, ce qui engendre de la frustration puisque chacune se sent incomprise. Remonter loin dans le passé mène aussi souvent à une escalade sans fin, où chaque reproche en entraîne un autre encore plus ancien. Le contexte peut être mentionné brièvement, mais l'essentiel du dialogue gagne à se concentrer sur le moment présent : comment la situation est vécue maintenant.

3. Les mots flous

Des mots comme « générosité » semblent clairs, mais restent difficiles à observer concrètement. Offrir un objet peut être interprété comme un geste généreux, mais aussi comme de la pitié, ou simplement une façon de faire de la place. Un bon test : est-ce que ce mot pourrait être filmé et compris de la même façon par tout le monde? Sinon, mieux vaut préciser le comportement observé plutôt que l'interprétation qui en découle.

4. Penser en noir et blanc

Dans un conflit, il est facile de se percevoir comme étant de bonne foi et de prêter à l'autre une mauvaise intention. Dans la grande majorité des cas, les deux personnes souhaitent que les choses se passent bien. Un collègue qui n'a pas dit bonjour n'est probablement pas mal intentionné : il a peut-être simplement été distrait ou gêné. Reconnaître sa propre contribution au conflit, même involontaire, permet de sortir de cette logique du tout ou rien.

5. Parler de l'autre plutôt que de la relation

Formuler un reproche comme « c'est parce que tu ne fais pas ceci » place le problème entièrement chez l'autre personne. Or, le problème n'est généralement ni chez l'un ni chez l'autre, mais dans ce qui se passe entre les deux. Un élément déclencheur peut bien venir de l'autre, mais la suite reste une responsabilité individuelle. Se demander « comment puis-je faire équipe avec l'autre pour affronter ce qui se passe entre nous? » ouvre une voie plus constructive qu'un échange de reproches.

Éviter ces cinq pièges ne garantit pas une communication parfaite, mais augmente considérablement les chances d'être bien compris — et de bien comprendre l'autre. Ces habiletés se travaillent notamment en thérapie de couple ou lors d'une formation à Montréal avec moi-même, Eric LaBrie, thérapeute en relation d’aide.

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