Précision en communication : l'exemple du tableau blanc

Un couple qui va plutôt bien peut quand même accumuler de petites frictions, souvent autour d'un sujet banal : qui s'occupe de quoi à la maison. Un exemple tiré d'un accompagnement de couple illustre à quel point la précision dans les mots peut changer la dynamique.

Un enjeu de tâches, sans être un gros conflit

Dans cette situation, l'un des partenaires, à la retraite, aide l'autre dans l'organisation du quotidien. Parfois, une tâche lui sort de la tête, ou lui semble moins urgente qu'à l'autre, ce qui engendre de petites tensions répétées. Le couple a trouvé une solution à première vue simple : acheter un tableau blanc, y inscrire les tâches à faire, et ainsi régler le problème.

Le piège de l'imprécision

La question « quelles tâches écrire sur le tableau? » semble anodine, mais elle ouvre la porte à un malentendu. Écrire « faire l'épicerie » ou « faire la vaisselle » peut irriter la personne qui les connaît déjà très bien : il a l'impression d'être pris pour quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il a à faire. Sans une définition claire de ce qui va sur le tableau, cet outil, censé apaiser les tensions, peut en créer de nouvelles.

Une règle simple et précise

La solution trouvée est d'une grande clarté : les tâches ponctuelles, qui arrivent une seule fois, vont sur le tableau; les tâches récurrentes, déjà connues, n'y figurent pas. Une ampoule brûlée à la porte arrière, par exemple, que l'autre personne n'utilise jamais, n'est pas visible pour lui : l'inscrire sur le tableau lui permet de passer à la quincaillerie, de la remplacer et d'effacer la tâche. Chacun sait alors exactement ce qui est attendu, et la personne à la retraite peut organiser son propre calendrier tout en contribuant au fur et à mesure.

Des mots comme « important » ne veulent rien dire

Un mot comme « important » semble clair, mais il ne désigne aucun comportement observable : ce qui est important pour l'un ne l'est pas forcément pour l'autre. Remplacer ces mots flous par des critères concrets — ici, « une tâche ponctuelle » — évite les interprétations et réduit les risques de conflit. C'est le même principe que celui de l'observation en communication non violente : s'en tenir à ce qu'une caméra pourrait capter.

Développer cette précision dans le langage du quotidien est une habileté qui se travaille notamment en thérapie de couple ou lors d'une formation à la communication à Montréal.

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